Photoshoot promo Dr House saison 4 -Jesse Spencer
C'est ma mère qui me réveilla ... mais j'en devenais habituée car tout les matins, elle me réveillait ... elle avait pris toutes ses matinées et bossait l'après-midi. Elle considérait que en tant que mère, elle devait rester au moins une demi-journée par jour à mes côtés et laisser l'autre moitié pour ma rééducation et mes autres visites ... elle ne prenait plus le temps de s'occuper de Thomas et quand je le lui reprochais, elle me disait qu'il ne s'en plaignait pas car il pouvait sortir comme il voulait, ma mère lui avait promis en échange de payer tous ses pleins d'essence pour son scoot'. Il était d'ailleurs passé plusieurs fois, me ramenant des DVD qu'il avait loués. Je réalisais d'ailleurs qu'il me connaissait mieux que ce que je l'imaginais : il m'avait ramenée des dessins animés Disney et des films de grand réalisateur comme Truffaut et Resnais ... je les avais déjà vus mais les regardas toujours avec autant d'admiration.
Bref ma mère me réveilla doucement en m'embrassant sur le front. Je compris que quelque chose avait changé car au lieu de me réveiller par ses murmures, elle me cria presque dessus.
Maman : Le médecin a dit que j'aurai une surprise ce matin ?
Elle sautillait sur place comme une gamine qui attend son cadeau. Je mis quelque temps à réaliser ce que je pourrais lui offrir. Je tendis le bras tout en restant allongée. J'aurais voulu lui demander de se retourner pour lui faire une plus grande surprise ... mai je ne pouvais !! J'attrapais mon Velléda et écrivis assez vite sur mon ardoise "Bonjour Maman !!" . Elle me regarda longuement, stupéfaite et soudain explosa, elle sauta partout en poussant des cris aigue, des cris de joie. Elle me sauta au coup.
Maman : Oh je suis si fière de toi !! Ma chérie !! Tu écris !! Ecris quelque chose d'autre s'il te plait !!
Je remarquais qu'elle se comportait comme si j'étais un bébé qui faisait ses premiers pas ou qui disait maman pour la première fois ... je compris qu'elle se comportera désormais comme ça, que je ne pourrai rien faire toute seule pendant un long moment comme si elle pensait que je devais tout réapprendre. Pour lui faire plaisir, je cachais mon désespoir et écrivais à nouveau sur mon ardoise à la place des mots précédents.
"Calme-toi maman !!"
Maman : oh c'est formidable !!
Elle s'émerveilla à nouveau comme la première fois. Pendant une heure, elle me demanda d'écrire et d'écrire. Quand elle se rendit compte que je n'avais plus assez d'imagination, elle me posa des questions auxquelles je devais répondre à l'écrit ... Comment tu t'appelles ? ... Où habites-tu ? ... Quel âge as-tu ? ... comment s'appelle ta grand-mère ?... Ta meilleure amie ? Ton dernier petit copain ? ... quelle est la plus grosse bêtise que tu es faite ? ... De quel couleur est la chemise que je porte ? ...je la soupçonnais tout de suite de vérifier que je n'avait pas perdus la mémoire, que j'entendais bien, que je voyais bien ... Je subis sans broncher de peur de refaire tomber son enthousiasme ... mais la question me brulait, l'impatience amenait de plus en plus de colère mais je résistais ... jusqu'à ...
"C'est bon maman t'as finis ?"
Elle fit une mine frustrée."Désolé mais je commence à avoir mal à la main !!"
Maman : oh je suis tellement désolée, mais tu n'imagine pas mon bonheur de te revoir parler ... eh ... je veux dire ... communiquer !!
"Oh que si j'imagine" ... "mais tu ne voudrais pas que je ne puisses plus écrire à cause d'une crampe aux doigts ?"
Maman : Oh non bien sûr que non !! J'arrête de t'embêter ma chérie !!
"Juste une dernière chose"
Maman : Qu'est-ce qu'il y a ?
"Qu'est-ce qui s'est passé pour que j'arrive ici ?"
Maman : Oh tu ne t'en souviens pas ?
"Non"
Maman : ... D'accord je vais t'expliquer ... mais je ne sais pas tout exactement ... tu rentrais à la maison par les quais, j'imagine et bien sûr comme tous les jours tu avais ton walkman sur les oreilles (si je n'avais pas été muette et plus intéressée que ça par cette histoire, je lui aurais répété pour la millième fois avec exaspération mais amusement que ce n'était pas un walkman mais une Ipod). Ensuite d'après un témoin, une moto roulait à la vitesse réglementaire mais toujours trop vite à mon goût. Quand elle arriva à quelques mètres de toi, un enfant surgit soudain de derrière une voiture garée sur le côté ... la moto fit un écart pour l'éviter mais te bouscula à la place ... violemment ... il y avait plusieurs témoins. Un homme avait quelques notions de secourisme, il appela une ambulance et veilla sur toi jusqu'à son arrivée. Il t'a même accompagné jusqu'ici et d'après Mr Fiders, il t'a sans doute sauvé la vie ... (elle s'arrêta de parler le regard perdu dans le vide).
Je n'avais jamais pensé courir un risque en marchant ce qui m'effraya beaucoup. Je m'imaginais tout à fait marcher le long des quais, j'adorais cet endroit, calme où l'on rencontrait des passants. Bizarrement, je réalisai que en imaginant le récit de ma mère, il faisait nuit et il pleuvait ... mais c'était impossible ... on était en septembre ... le jour se couchait encore tard et la pluie n'était pas fréquente ... je ne me souvenais de rien de cette journée donc ... pourtant ma mémoire n'avait subi aucune faille, je me souvenais des moindres détails frappants de ma vie avant l'accident ... mais pourquoi pas cette journée ? ... je n'osais interroger ma mère sur le reste de la journée pour ne pas l'affoler.
Soudain, une image me frappa : un petit garçon qui surgissait de derrière une voiture ... mais je connaissais bien ce garçon, ce n'était pas qu'un simple passant ... je cherchais ... rassuré d'avoir une image en mémoire ...
"Comment va le petit garçon et le motard ?"
Maman : le petit garçon va bien, il a seulement eu peur. Sa mère est venue te voir le lendemain, elle voulait que je la pardonne ... elle est très gentille et a beaucoup aidé sur le lieu de l'accident ... (elle se tut et je compris après une longue minute de silence qu'elle ne comptait pas aborder autres choses)
"Si elle revient, tu pourras la rassurer et lui dire merci de s'inquiéter"
Lentement j'effaçais mes derniers mots pour les remplacer par d'autres"Et le motard ?"
Maman (soupirant) : il est dans le coma ... (voyant mon regard surpris, choqué mais interrogateur) après t'avoir renversé, il a finit sa course dans la rivière ... Il a été secouru par quelqu'un qui est partit juste après ... Personne ne sait qui c'est ... Depuis il ne s'est pas réveillé ... C'est le docteur Fiders qui s'occupe de lui ... son état est stationnaire mais on ne sait pas si il se réveillera un jour ...Encore une fois elle s'arrêta ... je savais qu'elle n'osait me regarder, elle avait peur de découvrir ma réaction ... Mais si elle avait tourné son regard vers moi, je suis sûre qu'elle n'aurait rien vu de compréhensible sur mon visage. J'étais trop partagé dans mes sentiments ... il roulait trop vite ... c'était de sa faute si j'étais ici, si j'étais muette ... mais qu'est-ce que je dis ? Pur me punir, je glissais un bras sous mon drap et me pinçais violemment la cuite ... être muette était pour une fois une chance, car sinon j'aurai poussé un cri de douleur ... cette homme a sauvé un enfant ... j'étais presque contente que le destin soit tombé su moi plutôt que sur un enfant ... sur cet enfant aux boucles blondes ... bien que je n'avais rien à me reprocher, j'étais toujours moins innocente que lui. Je voulus soudain voir le visage de ce motard, juste aller le voir lui donner l'espoir que mes visiteurs m'avaient donné ces deniers jours ... mais c'est surtout la curiosité, voir ce sauveur ... je me retenus pour ne pas faire valser mes draps et me lever pour courir jusqu'à sa chambre et le remercier ... après réflexion, tout ça était impossible : ma mère ne m'aurait pas laissée sortir de mon lit, je n'avais pas assez de force pour marcher quelques mètres alors courir, de plus comment aurai-je put le remercier ? J'étais désormais condamnée au silence et lui au sommeil ... je n'aurai put parler ... il n'aurait put voir mon ardoise ... je me promis toute fois d'y aller ... un jour ...
Ma mère avait surement compris mon silence ... du moins mon absence d'écriture car elle avait quitté la chance en me murmurant qu'elle reviendrait dans quelques minutes ... mais les minutes parurent passer à une vitesse incroyable car elle rentra bientôt à nouveaux dans ma chambre suivis d'une infirmière qui poussait la table roulante de mon déjeuné et enfin par Antoine qui affichait son sourire parfait. Ma mère s'assit dans le fauteuil à ma droite. L'infirmière amena la table roulante jusqu'à devant moi et ressortit. Le médecin lui se mit à inspecter encore mon bandage à ma tête. Après un hochement de tête, il l'enleva, inspecta ma blessure, la désinfecta.
Antoine : Bonne nouvelle !! Tu guéris très rapidement, plus besoin de bandage sur ta tête ... voyons maintenant si tu as encore besoin de ta perfusion ...
Je fis semblant de ne pas comprendre. Mais il me regarda puis mon plateau et à nouveau moi. J'essayais de quitter son regard mais n'y parviens ... je soupirais longuement puis regardais enfin ma viande avec une grimace ...Antoine : ne me dis pas que tu es végétarienne ?
Maman : Non, elle aime même plus la viande que les desserts.
Je me résolus à couper un tout petit morceau de mon escalope. Tout doucement je le piquai avec ma fourchette et l'amena à ma bouche ... je mâchais longuement, reculant inconsciemment le moment où il traversera ma gorge. Mais le regard sévère et insistant m'incitèrent à l'avaler ... une larme me monta à l'½il gauche mais ma bouche forma un sourire ... la douleur n'était plus aussi forte que la dernière fois ... j'vais seulement l'impression que j'avais avalé une énorme bouchée et qu'elle avait du mal à passer dans le tube qui me servait d'½sophage ... La viande était si bonne, j'avais l'impression de ne pas en avoir mangé pendant un an et me jetais sur le reste de ma tranche. Ma mère éclata de rire. Je ne relevai pas la tête, concentré sur mon escalope.
Médecin : Hé bien ça a l'air d'être guérie !! Ce qui peut me laisser vous annoncer une autre nouvelle ... si tu arrives à manger assez de viande pour qu'on t'enlève les perfusions, tu pourras rentrer chez toi dans moins d'une semaine !!
Cette fois, je le regardais ... le vie à l'hôpital me plaisait bien en fin de compte, je m'y étais habitué, ne sortant pas de ma chambre, l'odeur qui d'habitude m'empêchait d'entrer dans un hôpital sans gêne, ne m'avait pas gênée ... Cependant mon lit me manquait, ma maison me manquait ... même le lycée me manquait ... et surtout ma routine normal me manquait ... on aurait put croire que ma mère était dans la même situation que moi car après quelques secondes de stupéfactions, elle éclata de rire et se remit à parler ... plutôt à jacasser ...
Maman : tu te rends compte ?! Tu peux rentrer à la maison ? Tu pourras retourner au lycée, nous avons tout réglé avec eux !! Tu pourras te déplacer toi-même !!
J'éclatais de rire à mon tour ... mais d'un rire qui semblait beaucoup moins expressif à cause de mon silence.
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